Caramie's Zone

Blogue de critiques de films par Anna Li

7/05/2016

[Critique • Cinéma] KING DAVE

Synopsis officiel
Dave est un frondeur. Un King autoproclamé, influençable mais pas inconscient. Alors qu’il se met en tête de retrouver l’inconnu qui a dansé avec sa blonde en lui poignant le cul, comme si de rien n’était, il décide de se faire justice. Entre violence, peine d’amour et amitié trahie, Dave va mettre le doigt dans le tordeur et s’engouffrer, toujours poussé par en avant sans jamais s’arrêter. Pour Dave, est-il possible de remettre le compteur à zéro? [Films Séville]


Critique par Anna Li ( )

Dans toute l’histoire du cinéma, on a vu dans Rope d’Alfred Hitchcock ou plus récemment dans Birdman ou Victoria (film présentement disponible sur Netflix au cas où vous l’auriez pas encore vu) ou même très récemment dans une scène dans Creed (lire ma critique), l’utilisation de longs plans-séquences.  Adapté d’une pièce de théâtre québécoise, KING DAVE est un nouveau film à s’ajouter à la courte liste de long-métrages utilisant ce procédé cinématographique.

Le film commence avec une scène tournée à la station de métro Langelier (on le remarquera beaucoup plus tard à l’aide d’une fausse carte du métro dans un wagon ou le logo de la société de transport qui se nomme SMTC au lieu de la STM que les événements du film n’ont pas réellement lieu dans la ville de Montréal telle qu’on la connaît.) Alors que Dave (Alexandre Goyette) attend le métro sur le quai, il voit une bande de jeunes s’en prendre à un jeune homme sans défense. Dave entre dans le métro avant de décider de retenir les portes... Plus tard, il se rend à un party. Selon ses dires, c’est un chum d’un de ses chums qui l’aurait invité. Ne connaissant personne, il discute avec un Haïtien qui s’avère être un membre d’un gang de rue et devient vite son « partnè ». Ce dernier lui demande de faire un job : il a trois jours pour voler une radio d’auto et recevra 200 $ en échange. Le lendemain après avoir reçu la somme en échange du service fait, il invite sa « chicks » Nathalie « Nat » (Karelle Tremblay) fêter dans un bar. Au cours de la soirée, elle danse avec un autre jeune homme, que Dave nommera Stanley par la suite. Jaloux et complètement saoul, il s’obstine avec Stanley et les deux en viennent aux coups. Défait, Dave voudra se venger... Comme je ne veux pas en dévoiler trop sur le scénario, je m’arrête ici.

Je dois vous l’avouer, comme je n’étais pas familière avec la pièce de théâtre dont le film en est l’adaptation ni vu la bande-annonce du film avant le visionnement, lors des premières scènes, j’étais complètement déstabilisée par le langage utilisé par le protagoniste principal. Il s’exprime dans une langue québécoise mêlant la culture hip-hop et haïtienne. J’ai vécu dans l’est de Montréal, dans le quartier de Rivière-des-Prairies toute ma vie et c’est bel et bien la façon dont certains adolescents haïtiens s’expriment, mais entendre un homme québécois de souche plus âgé que moi s’exprimer de la sorte et le comportement immature d'adolescent qu'il démontre m’ont confuse. J’ai donc initialement cru que le personnage principal avait des problèmes mentaux. (Oups...). À moins d’avoir vécu dans un quartier de l’est de Montréal ou côtoyé des Haïtiens quotidiennement, je ne suis pas certaine que le public québécois va tout comprendre des termes employés, le langage de rue étant utilisé par le protagoniste principal durant tout le film.

Au moyen des monologues effrénés (il ne semble pas y avoir de pauses entre certaines phrases ou bien ce sont des sacres qui remplacent ces pauses) de Dave où il révèle ses pensées et le fait qu’il s’adresse directement à la caméra à plusieurs reprises, le public apprend à connaître le personnage. Comme l'interprète du personnage Alexandre Goyette a lui-même créé le personnage et signé le scénario, tous ses dialogues lui appartiennent. Dave n’aurait pas pu être joué par un autre acteur. Le comédien ne démontre pas seulement sa capacité de tout mémoriser ses lignes, mais parvient également à exprimer aisément toute la gamme des émotions ressentie par le personnage. Par ailleurs, son jeu dans la pièce de théâtre éponyme lui avait valu le prix du Masque de l’interprétation masculine en 2005.

Sur le plan technique, KING DAVE est une réussite. Daniel Grou (PODZ) qui signe ici son cinquième long-métrage en carrière réalise quelque chose qui n’a jamais été fait au Québec avant, un plan-séquence de 90 minutes. On avait déjà pu observer le talent du réalisateur pour les plans-séquences. La scène de la fusillade en un seul plan-séquence de 13 minutes qui avait amorcé l’épisode de la 2e saison de 19-2 (tout comme celle refilmée pour la version anglaise de la série) était phénoménale.

L’histoire nous transporte dans divers lieux tels que le boisé de Rivière-des-Prairies (habitant dans le quartier de ce nom, je suis la seule durant le visionnement qui s’est mise à rire lorsque Dave mentionne que ça lui a pris une heure de transport en commun pour se rendre là!), la maison d’un motard à Laval, l’autobus ou le métro, l'appartement de Dave, etc. Je ne comprends tout simplement pas comment certaines transitions entre différentes scènes/plans ont été faites. Bien sûr, certaines sont évidentes : Montréal a été transformé en Laval;  lorsque Dave entre dans une cabine téléphonique et lorsqu’il en ressort, il se retrouve dans un autre endroit (la cabine était sur un véhicule en mouvement, on voit bouger les reflets sur la vitre) ; des effets visuels ont été manifestement utilisés pour les blessures qui apparaissent et disparaissent du visage de Dave dans une même scène, mais d’autres transitions sont beaucoup plus mystérieuses : certains personnages/figurants semblent parfois apparaître de nulle part. Par ailleurs, j'ai adoré la manière originale dont les appels téléphoniques entre deux interloculeurs étaient presentés à l'écran. La trame sonore composée par Milk & Bone s’agence bien avec les scènes. J’ai bien aimé la musique rythmée qui jouait lors de l’incendie.

Par le langage utilisé ainsi que les thèmes, le film s'adresse plutôt à un public d’adolescents qui s’identifieront facilement à Dave. En ce qui me concerne, un deuxième visionnement du film me sera peut-être nécessaire pour essayer de comprendre comment le tout a été réalisé. (Ou avoir la possibilité de voir un vidéo du making-of serait génial aussi.) À voir absolument au cinéma! L'habile mise en scène de Podz en vaut à elle seule le déplacement.

KING DAVE prendra l’affiche le vendredi 15 juillet prochain au Québec. Il sera tout d’abord présenté au public montréalais lors de sa grande première au Festival Fantasia le 14 juillet en présence des artistes et artisans du film.  



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Auteur: Anna Li

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