Caramie's Zone

Blogue de critiques de films par Anna Li

9/10/2014

[Critique • Cinéma] MOMMY

Synopsis
Une veuve monoparentale élève seule son fils violent jusqu'au jour où une voisine lui vient en aide.

Note:
Critique

Le jeune réalisateur québécois Xavier Dolan nous revient avec MOMMY, un film à la hauteur de son immense talent.

Diane « Die » Despré est une mère monoparentale qui hérite de la garde de son fils Steve après qu'il ait causé un incendie dans un centre jeunesse dans lequel un adolescent a été gravement brûlé. Dès sa première apparition à l'écran, on remarque que Steve n'est pas un adolescent comme les autres. Il souffre du trouble du déficit de l'attention, a un comportement excessif et s'exprime avec un langage vulgaire. À cause de ses problèmes, il doit être éduqué à domicile, ce qui ne fait pas l'affaire de sa mère qui a un emploi durant la journée. Ils feront la rencontre de Kyla la voisine d'en face qui souffre également de troubles psychologiques. Tous les trois trouveront une forme d'équilibre. 

Les trois acteurs principaux jouent très bien leur rôle, mais c'est Anne Dorval qui vole la vedette. Elle est impeccable dans son interprétation de Diane qui semble être aux premiers abords, une éternelle adolescente par son tempérament, le linge qu'elle porte et son langage (elle signe même son nom en mettant un coeur sur le i). Elle a, par contre, une manière très adulte de gérer les crises de son fils. Durant la scène où Steve pète totalement les plombs (une séquence très brutale et mémorable du film), elle essaie de garder son calme. On devine qu'elle veut avoir une meilleure condition de vie (elle n'a ni diplôme ni formation) et désire devenir une meilleure personne pour son fils. Après ses rôles dans J'ai tué ma mère et les Amours imaginaires, Anne Dorval en est à son 3e film de Xavier Dolan. Le personnage de Die Després n'aurait pas pu être joué par une autre actrice, car elle personnifie avec aplomb toute la vulnérabilité et la force qu'une femme doit démontrer dans une telle situation familiale. Vous l'aimerez dès la première scène où elle subit un accident et sort de sa voiture en sacrant. 

Suzanne Clément est Kyla la voisine d'en-face. Elle est une enseignante à l'école secondaire en année sabbatique. Elle mentionne qu'elle a toujours été timide, mais un événement traumatique l'a rendue bègue. Elle a un mari et une fille, mais la relation avec eux semble distante sans que l'on comprenne pourquoi. Elle tissera des liens forts avec Die et Steve et au fur et à mesure qu'elle se familiarisera avec eux, son bégaiement s'estompera. Le personnage est sous-développé et le mystère de son passé ne sera jamais dévoilé, ce qui est dommage. Son personnage reste néanmoins mémorable pour la scène où elle pète une coche. Steve, interprété par Antoine Olivier Pilon, est un adolescent souffrant du trouble du déficit d'attention avec hyperactivité et un trouble de l'affection. Depuis la mort de son père, emporté par le cancer il y a trois ans, il fait le tour des centres jeunesse et est reconnu pour être un cas problématique. Doté d'un amour excessif pour sa mère, il fera tout pour la rendre heureuse. Il met souvent en question l'amour que lui porte sa mère.  

MOMMY est un long-métrage artistique. Dès les premiers instants, vous remarquerez le format carré 1:1. Ce format m'a initialement semblé distrayant, mais il permet un close-up sur les visages des protagonistes. Les émotions véhiculées par les personnages sont donc toujours centrées sur l'écran. Le format permet également la sensation d'étouffement qu'on perçoit en tant qu'audience. Cette sensation est manifestement ressentie par Die durant les événements du film. La trame sonore occupe également une place très importante dans MOMMY. Cette trame est composée de chansons des années 90 provenant de la compilation Die et Steve Mix 4 ever. Des morceaux tels que Building a Mystery de Sarah Mclachlan, White Flag de Dido, Blue de Eiffel 65 de même que quelques chansons du répertoire québécois : Provocante de Marjo et On ne change pas de Céline Dion accompagnent les scènes. 

MOMMY est principalement un drame, mais il est teinté d’une dose d’humour. Une référence à Macaulay Culkin dans le film Home Alone et la phrase exprimée par Die : « La vie, c’est comme une game de quilles, si t’as pas de boules, ça part mal en criss. » ont provoqués quelques rires durant le visionnement. Ma scène préférée est celle où il y a un montage des événements du « futur ». Elle est extrêmement belle, émouvante et la musique instrumentale qui l’accompagne est envoutante.Pour ceux qui veulent l'entendre de nouveau (sur youtube), elle a été composée par Ludovico Einaudi et se nomme Experience Le film aurait très bien pu finir à la fin de ce moment magique au lieu de durer une demi-heure additionnelle. 

MOMMY, gagnant du prix du Jury au Festival de Cannes, marque le triomphe de Xavier Dolan. Allez voir ce film dès sa sortie au cinéma. Je ne me considère pas comme une adepte du cinéma québécois, mais je dois reconnaitre que ce film est un chef-d’œuvre.



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Auteur: Anna Li

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